7 novembre 2026 - 20:46
Afghanistan : l’ONU alerte sur la fermeture possible de 700 centres de santé en raison de la baisse des financements humanitaires

La réduction des aides internationales et les restrictions imposées aux femmes par les autorités talibanes aggravent la crise humanitaire en Afghanistan. Bruno Lemarquis, représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU et coordinateur humanitaire de l’organisation dans le pays, a averti que près de 700 centres de soins de santé primaires risquaient de fermer d’ici à la fin de 2026.

Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Lors d’une conférence de presse tenue vendredi 6 novembre à New York, Bruno Lemarquis a souligné que la forte diminution des ressources financières compromettait le fonctionnement des établissements de santé et la fourniture de services essentiels à la population afghane.

Selon lui, environ 40 % des centres de soins de santé primaires examinés, soit près de 700 établissements sur un total de 1 900, pourraient fermer entre 2025 et la fin de 2026. Une telle évolution risque de restreindre davantage l’accès aux soins de base pour les familles vulnérables, en particulier les femmes et les enfants.

Les financements humanitaires en chute libre : de 2 milliards à 570 millions de dollars

Le responsable onusien a également fait état d’une baisse considérable des financements consacrés à la réponse humanitaire en Afghanistan. Les fonds mobilisés sont passés d’environ 2 milliards de dollars en 2023 à 1 milliard en 2025. En 2026, le montant total des ressources obtenues n’atteignait que 570 millions de dollars au moment de son intervention.

Cette diminution intervient alors que des millions d’Afghans dépendent toujours de l’aide humanitaire pour satisfaire leurs besoins essentiels. Le manque de financements entraîne notamment la réduction des activités des établissements de santé, la limitation des services indispensables et une pression accrue sur les centres encore opérationnels.

La situation est particulièrement préoccupante dans les zones reculées, où les habitants disposent de possibilités limitées d’accès aux hôpitaux et aux structures médicales équipées.

Les restrictions des talibans, un obstacle supplémentaire à l’aide humanitaire

Bruno Lemarquis a par ailleurs identifié les restrictions imposées aux femmes et aux filles par les talibans comme l’un des facteurs aggravant la crise humanitaire. Il a notamment évoqué l’interdiction faite aux employées afghanes de l’ONU d’accéder aux bâtiments de l’organisation depuis septembre 2025, une mesure qui reste en vigueur et entrave ses activités.

Les restrictions visant la participation des femmes aux opérations humanitaires compliquent également l’accès des organisations aux femmes et aux filles dans le besoin. Dans de nombreuses régions du pays, la présence de personnel féminin est indispensable pour fournir des soins, identifier les besoins spécifiques des femmes et communiquer directement avec les familles.

La combinaison de ces restrictions et de la diminution des financements exerce ainsi une pression supplémentaire sur les opérations humanitaires. Lemarquis a également souligné que les politiques restrictives des talibans à l’égard des droits fondamentaux des femmes et des filles contribuaient à prolonger l’isolement international de l’Afghanistan.

Le retour de millions de migrants accentue la pression sur les services publics

Le responsable de l’ONU a également attiré l’attention sur le retour massif de ressortissants afghans depuis les pays voisins. Selon ses déclarations, environ 6,7 millions d’Afghans sont retournés dans leur pays depuis 2020, dont une part importante en provenance d’Iran et du Pakistan.

Ces retours massifs interviennent alors que le système de santé et les services publics afghans sont déjà confrontés à un manque de moyens et de ressources financières, ce qui accentue la pression sur les infrastructures existantes.

De nombreuses familles de retour ont besoin d’un logement, de documents d’identité, de possibilités d’emploi ainsi que de services de santé. Dans ce contexte, la réduction des capacités des établissements médicaux risque de compliquer davantage leur accès aux soins essentiels.

L’ONU met en garde contre une aggravation de la crise en 2027

Bruno Lemarquis a enfin averti que les besoins humanitaires en Afghanistan pourraient s’intensifier en 2027. Selon lui, le retour massif des migrants, l’instabilité régionale et les conséquences potentielles de conditions climatiques défavorables figurent parmi les facteurs susceptibles de menacer la sécurité alimentaire et l’accès de la population aux services essentiels.

Ces inquiétudes sont exprimées alors que les financements internationaux poursuivent leur baisse et que de nombreux programmes d’aide rencontrent des difficultés pour maintenir leurs activités.

Lemarquis a appelé la communauté internationale à poursuivre son soutien à la population afghane et à ne pas laisser la diminution de l’attention internationale aggraver davantage la crise humanitaire dans le pays.

Alors que des centaines de centres de santé risquent de fermer, la baisse des aides internationales, conjuguée aux restrictions imposées par les talibans au personnel féminin, menace doublement l’accès de la population aux services vitaux. L’ONU avertit que la persistance de cette situation pourrait non seulement accentuer la pauvreté et la vulnérabilité des Afghans, mais également avoir des répercussions au-delà des frontières du pays, notamment sur la stabilité régionale et les mouvements migratoires.

Fin/229

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